Au Festival de Jazz de Montréal 2006

Les photos et commentaires... d'un simple visiteur parmi un million

01 juillet 2006

Troisième jour

bam03Malgré un temps menaçant, les braves festivaliers se présentent en nombre impressionnant. Je visais d'arriver à 19h mais mon déplacement fut plus rapide que prévu, et j'ai donc pu entendre les 10 dernières minutes de Karine Chapdelaine qui jouait de 18h à 19h sur la Scène General Motors. Son groupe semble bien mais dans ces conditions il m'est difficile de porter un jugement définitif.

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En même temps j'ai aperçu deux des amuseurs de foules, dont une qui attire une bon auditoire, et deux qui au contraire semblent ignorées du public.

À mon programme aujourd'hui, tout d'abord le Dixieband à 19h, peut-être pas le meilleur mais sûrement un des plus divertissants (finalement il ne faut pas prendre la musique trop au sérieux). Le meneur de la formation a aperçu les danseurs de swing (qui semblent des danseurs professionnels) qui rôdent autour de la Scène Amarula depuis quelques jours, bdx04et les a invités à monter sur la scène, au grand plaisir des spectateurs. Et inversement, le clarinettiste est descendu parmi la foule pour la sérénader sur "Petite fleur", genre violoniste gitane dans un restaurant. Jouant exactement comme Sidney Béchet l'a enregistré il y a 20 ou 30 ans, sans improvisation pour la peine. Ce qui en fait du jazz très marginal... mais bon, une fois n'est pas coutume. 

À 20 heures, on avait l'embarras du choix. Comme c'est généralement le cas, mais encore plus cette fois puisque les trois ensembles m'étaient tous inconnus. J'ai décidé de prendre 15 minutes de chacun. Évidemment pour éviter que les sons s'entrechoquent, ils sont sur des scènes aux extrémités du site; il faut donc un bon 5 minutes pour se frayer un chemin de l'une à l'autre. (Le site officiel du Festival <a href="http://www.montrealjazzfest.com/fijm2006/accueil_fr.asp">ici</a> présente entre autres informations, un plan détaillé de l'emplacement).

Sur la Scène Samsung, les Elektrik Bones Il y avait déjà une bonne foule à laquelle arrivaient à un rythme presque inquiétant des centaines de gens, comme à l'arrivée d'un train, sauf qu'ils provenaient d'un concert de Blues à 19h à la Scène Loto-Québec voisine. Hélas pour la première fois en 15 ou 20 ans (à ce que je sache), une panne quelconque a empêché le groupe de démarrer son spectacle à temps. Après presque 10 minutes j'ai abandonné la partie pour passer au suivant. À ce moment la musique démarrait enfin; j'ai cru entendre du rock assez conventionnel.

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Mon deuxième arrêt était à la scène CBC-Best Buy: le groupe "NDE", qui jouait ce que j'appellerais du "jazz progressif" (ça c'est quand je suis de bonne humeur; sinon je dis "cacophonie"). Il y avait foule là aussi, donc il y doit y avoir des gens qui aiment ça.


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bch02Enfin, et pour le mieux, Chantal Chamberland et son groupe sur la Scène Alcan, qui est (relativement) adjacente à la scène principale, alors il y avait déjà tout plein de gens. Sur la photo à gauche, vous pouvez voir la foule massée jusqu'au boul. Saint-Laurent! Or Chamberland est une chanteuse de type piano-bar intime (elle a même le baratin hyper-relax bilingue à l'excès du chanteur-M.C. de clubs de nuit, immortalisé dans la parodie des Cyniques "Thank you merci what a great tap dancer quel grand danseur à tapettes and now for your listening pleasure et maintenant pour votre plaisir d'écoutement..." Mais quand c'est pas pour rigoler, ça a tendence à devenir franchement pénible.

Quand à sa musique, elle est du même genre, excellente dans le répertoire le plus classique du genre ("I've Got You Under My Skin", "Smoke Gets In Your Eyes" "Fever", etc.) Ce serait parfait dans un piano-bar, justement; hélas devant quelque 10,000 personnes, dont plusieurs qui ne semblent pas trop savoir pourquoi elles sont là et jacassent sans arrêt et à haute voix entre amies (ou sur leur cellulaire) souvent le dos tourné au spectacle... finalement ça devient plutôt difficile d'entendre (et encore plus d'apprécier) une chanteuse dont la voix n'est pas trop amplifiée. On comprend bien qu'on n'est pas à l'église ni même dans une salle de concert, mais l'inconscience de certains festivaliers atteint la grossièreté. C'est sans doute le prix qu'il faut payer pour un spectacle gratuit.

bfreir01Enfin le spectacle principal de la soirée: Monica Freire, une charmante brésilienne avec une jolie voix, bien entourée de son groupe musical... J'étais trop loin pour faire une belle photo (ou pour voir à quoi ressemble cette chanteuse), mais pas assez loin pour bénéficier d'un écran géant. Par contre l'acoustique est excellente, on entend très bien. Or c'est de la musique latine, pas du jazz. Certains journalistes ont écrit que pour pouvoir prendre de l'expansion le Festival doit attirer de plus en plus de gens, et la façon la plus simple c'est de répondre à de plus en plus de goûts. C'est donc devenu un festival de jazz-blues-funk-rock-mérengué-reggae et on commence même à voir poindre du rap. Alors il faut vraiment choisir ses concerts.

Posté par RJcb à 23:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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